L’organisation est en guerre ouverte avec la FIA depuis quelques mois afin de prendre une part de contrôle du pouvoir de la formule 1. Les arguments mis sur la table sont tout à fait louables et compréhensibles. Le tout est dans la méthode qui ressemble présentement à un énorme foutoir.
Je me délecte de ce feuilleton quotidien depuis maintenant quelques semaines. Si on résume très rapidement la chose, la FOTA ne veut rien savoir des réductions de coûts à 40 millions d’euros pour l’année prochaine. De son côté, la FIA, ce qui se résume à Max Mosley, tien mordicus à cette réduction draconienne rapide.
Ce qui m’émerveille dans cette lutte au pouvoir, c’est de voir le nombre de personnes impliquées dans le dossier, des opinions contradictoires et du manque de cohérence dans les demandes. Revenons aux déclarations d’il y a quelques jours. La FOTA exclue Williams et Force India pour s’être inscrit au championnat 2010 sans condition. Quelques jours plus tard, l’organisation annonce s’être inscrit sans condition, ce que dément Ferrari et les deux écuries de Red Bull. On finit par avoir un certain consensus, voilà que l’association des constructeurs automobiles européens (ACEA) s’en mêle on menaçant de retirer les voitures provenant de constructeurs européens. Franchement, ce n’est pas vraiment sérieux, tout cela ?!
On s’obstine depuis un bon mois, minimum, sur le règlement de l’année prochaine. Durant ce temps, le championnat continue. Avec une domination des Brawn GP, certes, mais il y a quand même une saison en cours. D’autres équipes aimeraient bien tourner leurs regards vers la saison prochaine, question d’avoir le temps de développer une meilleure voiture. Cependant, c’est tout à fait impossible de procéder dans ce flou technique et sportif total.
D’accord ou pas, on s’entendra qu’un double championnat de formule 1, soit les voitures avec limitation et sans limitation technique, n’est vraiment pas sérieux pour le futur du sport. C’est comme si on ferait le Tour de France avec des cyclistes professionnels et des tricycles, tout cela en même temps. Ou tiens, si une équipe de la NHL dépasse le plafond salarial, tu n’as pas le droit d’avoir un gardien.
De toute façon, la Formule 1 sans les constructeurs n’est pas la F1. Il faut des indépendants pour stabiliser le plateau et éviter la catastrophe suite au départ de Honda. On se rappellera une époque pas si lointaine où l’échiquier était plutôt équilibré et que le départ de gros noms ne causait pas de catastrophe. Pensons à Renault à la fin de 1997 ou Ford suite au départ de Jaguar. Admettons qu’aujourd’hui, avec un plateau de 18 pilotes, le départ d’un seul joueur fait mal, surtout lorsqu’un constructeur se retire. Supposons le départ de Toyota, qui a menacé de son départ. C’est l’équipe qui quitte, ainsi que Williams qui perd son motoriste. Ne parlons même pas du cas de Ferrari…
En bref, une organisation qui tente d’obtenir du pouvoir dans son environnement se doit au minimum de s’entendre en son sein, ne serait-ce que publiquement. Ça manque de sérieux tout cela…