La nouvelle F1, depuis le début des années 2000, tend à favoriser les pilotes poupons. Kimi Raikkonen avait ouvert la voie en arrivant chez Sauber en 2001 à l’âge de 21 ans avec 17 courses de monopolace en carrière. La FIA avait d’ailleurs hésité à lui octroyer sa super-license. Ce ne fut pas cependant le plus jeune à prendre place à bord d’un bolide de Formule 1. Parmi les pilotes actuels, le titre revient à Fernando Alonso, 3e pilote le plus jeune de l’histoire du championnat du monde. Il était alors âgé de 19 ans 7 mois et 4 jours.

Depuis, on ne cesse de retrancher les records « le plus jeune ». Considérons les plus jeunes pilotes victorieux. Dans le top 10, on retrouve cinq pilotes ayant établi la marque entre 2003 et 2009. Le titre revient à Sebastian Vettel, suivi de Fernando Alonso. On retrouve aussi Lewis Hamilton, Kimi Raikkonen, Robert Kubica et … Michael Schumacher. La marque de ce dernier a été réalisée en 1992. À cette époque, cette réalisation était perçue comme une révélation du pilote d’exception. Aujourd’hui, c’est devenu la norme puisqu’ils sont de plus en plus jeunes.

La Formule 1 a changé considérablement entre 2008 et 2009. Nous sommes revenus à une F1 plus humaine qui tente d’éliminer un peu les artifices aérodynamiques et les aides électroniques. On fait maintenant appel aux capacités des pilotes de dépasser et de pousser la voiture au maximum. Il fait bon de voir les voitures valser sur la piste et j’ai bien hâte de voir ceci à Monaco dans quelques jours. De plus, certains pilotes habitués d’avoir une bonne voiture sont présentement au dépourvu devant le succès d’autres voitures.

Ceci étant dit, nous avons maintenant la démonstration de l’expérience et de la patience en f1. Avec l’aide du bouleversement de la règlementation par la FIA, vous direz, mais quand même. Résultat : quatre victoires en cinq courses pour Jenson Button âgé de 29 ans et 3 mois, soit maintenant le 77e plus vieux pilote à être victorieux. C’est tout de même banal à côté du 37 ans de Michael Schumacher, j’en conviens. Cependant, regardons quelques statistiques concernant le succès des pilotes plus expérimentés.

Regardons le podium du Grand Prix d’Espagne 2009 : Jenson Button, Rubens Barichello et Mark Webber. Moyenne d’âge : 32 ans, 11 mois et 27 jours (Statsf1.com). Selon toujours la même source, la moyenne d’âge du podium en Australie était de 33 ans et 7 jours. Ces deux podiums représentent les 35e et 42e plus âgés depuis 1990, c’est peu dire. Il faut remonter en Italie 2002 pour trouver plus vieux. Par la suite, Saint-Marin 1995, c’est à dire des siècles en formule 1! On voit donc que l’expérience aide beaucoup cette année (la voiture aussi, certes). Jenson Button a eu à piloter des voitures plutôt horrible à certains moments. D’autres années furent plus prolifiques, rappelons-le! Il a tout de même terminé 3e au championnat des pilotes de 2004 sur sa BAR. Barichello a connu l’époque Stewart et d’autres écuries avec son passage chez Ferrari, sans dire du passage de Webber chez Jaguar. Enfin, tout cela pour dire : vive les vieux!

Plusieurs le disent, et je partage leur avis : le look des voitures semble tout droit sorti du début 1990. Le pilotage aussi. C’est à ce moment que l’expérience paie. C’est rafraîchissant de voir que certains pilotes qui en ont arraché quelques années peuvent maintenant démontrer leur talent. Cependant, la relève aussi est des plus importantes. Sebastian Vettel devient un candidat très intéressant pour un éventuel titre. Certains le voient même comme rival logique de Jenson Button d’ici la fin de la saison. Dans quelques mois, la chaise musicale devrait commencer. J’ai bien hâte de voir qui seront les nouveaux pilotes. Avec trois nouvelles écuries, je n’ose croire qu’il n’y en aura pas. C’est tout de même bête de constater que seul Buemi est recrue cette année quand nous sommes habitués à 3-4 nouveaux visages chaque années. Mais cela est une autre histoire.